Quelles sont les aides de la CAF après le décès d’un conjoint ?

Une femme pensive regarde par la fenêtre avec une photo de couple posée sur la table devant elle.

Après un décès, la Caf est souvent oubliée. Une aide de la Caf existe-t-elle après le décès de votre conjoint ? La réponse dépend de votre caisse.

Cet article fait le point sur les aides, leurs conditions et les démarches à suivre.

Montants et dépenses couvertes

Un bouquet de fleurs blanches est posé sur une tombe en pierre, face à un paysage lacustre au coucher du soleil.
Les aides d’action sociale peuvent contribuer aux frais d’obsèques selon les dispositifs proposés par chaque caisse départementale.

La Caf ne verse pas d’allocation nationale après le décès de votre conjoint. Votre caisse départementale peut toutefois accorder une aide d’action sociale pour les obsèques ou la réorganisation du foyer.

Les aides locales de la Caf pour les obsèques

Ces aides s’adressent le plus souvent au parent survivant qui élève au moins un enfant. Certaines Caf les ouvrent aussi aux parents qui n’étaient pas encore allocataires, si les enfants sont rattachés au régime général.

Selon le règlement local, le mariage, le Pacs ou la vie commune connue de la Caf peuvent compter pour l’accès au dispositif.

Le montant varie selon le département et le quotient familial.

Les barèmes locaux consultés en 2026 vont par exemple jusqu’à :

  • Vienne : 700 €
  • Alpes-Maritimes : 1 000 €
  • Seine-Saint-Denis : 2 300 €
  • Indre : 3 000 €

Ces montants ne s’appliquent pas à toute la France.

Les conditions d’attribution

Vous devez généralement remplir les critères suivants, cumulatifs lorsque le règlement local l’exige :

  • Enfant à charge : vous assumez l’entretien et l’éducation d'au moins un enfant, souvent âgé de moins de 20 ou 21 ans selon le département.
  • Rattachement à la Caf : vous percevez déjà une prestation ou vous devenez allocataire après le décès. Certains règlements ouvrent aussi l’aide au parent non allocataire qui prend les enfants à sa charge.
  • Quotient familial : la Caf peut fixer un plafond local, de 1 500 € dans les Alpes-Maritimes, 900 € dans la Vienne et 700 € en Seine-Saint-Denis.

Ce quotient, calculé à partir des ressources du foyer et du nombre de personnes à charge, est consultable dans votre espace « Mon Compte ».

Certaines Caf n’appliquent pas de quotient familial en cas de décès d’un conjoint, tandis que d’autres prévoient un barème par tranche.

Avant d’engager la dépense

  • Vérifier que vous assumez l’entretien et l’éducation d’au moins un enfant.
  • Consulter votre quotient familial dans « Mon Compte ».
  • Consulter le règlement de votre Caf départementale.

Quelles prestations Caf sont recalculées ou peuvent être ouvertes ?

Le décès modifie la composition du foyer et les ressources prises en compte. La Caf réexamine alors les prestations existantes. Elle peut aussi ouvrir de nouveaux droits, comme l’allocation de soutien familial, le RSA ou une aide au logement.

À partir du mois qui suit le décès, les ressources de votre conjoint décédé ne sont plus retenues. Selon les autres ressources du foyer, le montant versé peut donc augmenter ou diminuer.

Une femme et un jeune enfant sourient en regardant un livre illustré ouvert sur leurs genoux, assis sur un canapé dans un salon lumineux.
L’allocation de soutien familial peut concerner les enfants à charge de moins de 20 ans vivant avec le parent survivant.

L’allocation de soutien familial, ou ASF, est versée pour un enfant privé de l’aide de l’un de ses parents. Après le décès de votre conjoint, elle concerne les enfants à charge de moins de 20 ans qui vivent avec vous.

Depuis le 1er avril 2026, son montant est de :

  • Enfant élevé seul : 200,78 € par mois.
  • Enfant recueilli privé de l’aide de ses deux parents : 267,63 € par enfant.

L’ASF est versée sans condition de ressources lorsque l’autre parent est décédé.

Comment signaler le décès et demander l’aide de la Caf ?

La démarche comporte trois étapes. Vous actualisez votre situation familiale, vous vérifiez les droits recalculés, puis vous déposez le formulaire d’aide locale dans le délai prévu. Une déclaration rapide évite les versements erronés et les demandes de remboursement.

Signaler le changement de situation

Connectez-vous à votre espace « Mon Compte » sur caf.fr. Sélectionnez « Déclarer un changement », puis « Situation familiale ». Indiquez le décès de votre conjoint avec sa date.

Vous pouvez faire la même démarche depuis l’application « Caf, Mon Compte ».

Déposer la demande d’aide locale

Une femme assise à un bureau écoute une personne vêtue de noir, avec un carnet et un stylo devant elle.
Un travailleur social peut orienter les familles vers les aides liées aux obsèques, au logement, au budget ou à la garde.

Contactez votre Caf depuis la rubrique « Ma Caf ». Vous pouvez aussi demander un rendez-vous avec un travailleur social. Celui-ci peut vous orienter vers l’aide aux obsèques et vers les dispositifs liés au logement, au budget ou à la garde des enfants.

Le dossier d’aide aux obsèques contient en général deux pièces. La première est le certificat ou l’acte de décès, qui identifie l’événement et le défunt. La seconde est le devis ou la facture des pompes funèbres, acquittée ou non selon la règle locale.

Avant de demander l’aide de la Caf, vérifiez ces points
Cochez ce qui vous concerne pour savoir par où commencer.

Dans la plupart des départements, c’est la condition de base pour l’aide locale aux obsèques.

Certains règlements ouvrent aussi l’aide au parent non allocataire qui prend les enfants en charge.

Le plafond local varie beaucoup d’un département à l’autre, de 700 € à 1 500 € selon les exemples de l’article.

Il identifie l’événement et le défunt dans le dossier d’aide aux obsèques.

Selon la règle locale, la facture peut être acquittée ou non.

Dans les Alpes-Maritimes, le délai est de six mois après le décès, mais il varie selon la caisse.

Une déclaration rapide évite les versements erronés et les demandes de remboursement.

Dans les Alpes-Maritimes, la demande doit être déposée dans les six mois suivant le décès. Ce délai varie selon la caisse.

Certaines aides sont versées après décision d’une commission. D’autres sont versées automatiquement lorsque les conditions sont déjà vérifiées.

Le paiement intervient en une fois dans certains départements. Il peut être versé à la famille si la facture est déjà réglée, ou directement aux pompes funèbres si elle reste due.

Avant d’envoyer votre dossier

  • Votre certificat ou acte de décès, qui identifie l’événement et le défunt.
  • Le devis ou la facture des pompes funèbres, acquittée ou non selon la règle locale.
  • La date limite, qui est de six mois dans les Alpes-Maritimes et varie selon la caisse.

Le capital décès est une prestation distincte de la Caf

Le capital décès ne vient pas de la Caf. La CPAM ou la Mutualité sociale agricole le verse lorsque le défunt relevait du régime compétent et remplissait les conditions liées à son activité ou à ses droits sociaux.

Conditions et montant

Le capital décès est forfaitaire : 4 009 € pour le régime général. Il ne dépend pas du salaire du défunt. Il n’est soumis ni à l’impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales.

Il peut se cumuler avec d’autres aides. Il s’agit notamment d’une aide locale de la Caf, d’une pension de réversion, d’une allocation de veuvage ou d’aides d’une mutuelle ou d’un organisme de prévoyance.

Bénéficiaires et demande

Vous êtes bénéficiaire prioritaire si vous étiez à la charge effective, totale et permanente du défunt au jour du décès. Plusieurs personnes peuvent l’être. L’ordre est alors le suivant :

  1. Époux ou partenaire de Pacs.
  2. Enfants, si aucun conjoint ou partenaire de Pacs ne passe avant eux.
  3. Ascendants, en l’absence de bénéficiaire mieux placé.

Le bénéficiaire prioritaire dispose d’un mois après le décès pour garder sa priorité. Passé ce délai, il peut demander le capital dans la limite de deux ans, selon les règles des bénéficiaires non prioritaires.

Envoyez le formulaire de demande à la CPAM ou à la MSA dont dépendait le défunt. Joignez les justificatifs demandés, notamment votre relevé d’identité bancaire et les documents prouvant votre lien avec le défunt.

Avant d’envoyer votre demande

  • Votre relevé d’identité bancaire.
  • Les documents prouvant votre lien avec le défunt.
  • Le nom de la CPAM ou de la MSA dont dépendait le défunt, à qui adresser le dossier.

Quels droits de veuvage demander à la caisse de retraite ?

La Caf ne verse ni l’allocation de veuvage ni la pension de réversion. Ces droits relèvent des caisses de retraite. Ils dépendent de votre âge, de votre lien avec le défunt, de vos ressources et du régime auquel il était affilié.

L’allocation de veuvage

L’allocation de veuvage concerne en général le conjoint survivant de moins de 55 ans. Vous ne devez être ni divorcé du défunt, ni remarié, ni pacsé, ni en concubinage. Vos ressources personnelles doivent rester sous le plafond applicable.

Les conditions à vérifier

  • Avoir moins de 55 ans au moment de la demande
  • Ne pas être divorcé du défunt, ni remarié, ni pacsé, ni en concubinage
  • Vérifier que vos ressources personnelles restent sous le plafond applicable
  • Vérifier que le défunt était affilié à l’Assurance retraite pendant au moins trois mois au cours des douze mois précédant le décès

D’autres situations ouvrent aussi le droit :

  • La retraite
  • Le chômage indemnisé
  • L’invalidité
  • La maladie
  • La maternité
  • Un accident du travail

Le montant forfaitaire est de 719,58 € par mois en 2026, réductible selon vos ressources. Le versement dure deux ans au maximum, ou jusqu’à vos 55 ans si vous aviez au moins 50 ans au moment du décès.

La pension de réversion

La retraite de réversion de l’Assurance retraite est accessible à partir de 55 ans, sous conditions de mariage et de ressources. Le Pacs et le concubinage ne suffisent pas à l’ouvrir.

Elle correspond à 54 % de la retraite que le conjoint décédé percevait ou aurait pu percevoir, hors majorations. La caisse peut la réduire si vos ressources dépassent le plafond applicable.

Ce qui change selon la situation familiale

Une femme souriante sert une salade à trois enfants réunis autour d’une table dressée dans une cuisine.
La composition du foyer, les revenus et le lieu de résidence influent sur les aides accessibles après un décès.

Le montant des aides dépend surtout de la composition du foyer. Il compte le nombre et l’âge des enfants, le lieu de résidence, les revenus et votre statut de parent isolé.

Le mariage, le Pacs et le concubinage peuvent compter. La caisse regarde la vie commune et les ressources du foyer. Après le décès, votre dossier est recalculé comme celui d’une personne seule. Seuls les enfants réellement à charge sont pris en compte.

Si le défunt était votre ex-conjoint et que les enfants vivaient déjà avec vous, signalez le décès pour demander l’ASF. Si vous obtenez la garde après le décès, la caisse devra aussi mettre à jour la résidence et la charge des enfants.

Le décès peut modifier votre quotient familial, vos aides au logement et les prestations sous conditions de ressources.

Ne pas attendre la révision automatique

L’erreur la plus fréquente consiste à attendre la révision automatique des prestations pour demander l’aide locale aux obsèques. Respectez le délai propre à votre Caf, conservez les factures et vérifiez que vos coordonnées bancaires sont toujours valables.

Les aides de la Caf et le capital décès relèvent de deux organismes distincts. Demandez à la CPAM ou à la MSA dont dépendait votre conjoint si vous pouvez aussi toucher le capital décès, en gardant à l’esprit le délai d’un mois pour conserver votre priorité.

Foire aux questions

Est-ce que la Caf donne un capital décès ?

Non, le capital décès ne vient pas de la Caf. Il est versé par la CPAM ou la MSA, selon le régime du défunt.

La Caf peut toutefois verser une aide locale pour les obsèques ou pour réorganiser le foyer. Son montant dépend du département.

Quelle est la prime de décès pour un conjoint ?

Il n’existe pas de prime nationale unique versée par la Caf après le décès d’un conjoint.

Selon votre situation, vous pouvez toucher une aide locale de la Caf, le capital décès de la Sécurité sociale, l’allocation de veuvage ou une pension de réversion.

Quelle aide la Carsat propose-t-elle en cas de décès d’un proche ?

La Carsat peut examiner l’allocation de veuvage ou la retraite de réversion, si les conditions sont réunies.

Elle peut aussi rembourser certains frais d’obsèques, dans la limite des sommes restant dues au défunt. Il faut présenter la facture et l’acte de décès.

Le capital décès est-il imposable ?

Non. Le capital décès versé par le régime général n’est soumis ni à l’impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales.

Cette règle vaut pour le capital de la Sécurité sociale, pas pour une assurance privée ou un contrat de prévoyance.

Peut-on cumuler l’aide de la Caf et le capital décès ?

Oui, lorsque le règlement départemental de la Caf le prévoit.

La Caf peut toutefois demander la déclaration des sommes reçues d’une assurance obsèques. Elle calcule alors son aide sur le reste à charge.